Fédéralisme et atlantisme : des visions incompatibles avec la souveraineté
La souveraineté n’est pas un slogan, mais un pouvoir : celui de décider librement de son destin et de dire non lorsque nos intérêts sont menacés. Pourtant, deux idéologies, le fédéralisme européen et l’atlantisme, sont souvent présentées comme compatibles avec la souveraineté française, alors qu’elles la limitent par nature.
Le fédéralisme : une souveraineté diluée
Le fédéralisme repose sur le transfert de compétences nationales vers une autorité commune, dont les décisions s’imposent aux États membres. Dans une Europe fédérale, des choix essentiels (économie, budget, défense, diplomatie) seraient pris à Bruxelles, au nom d’une majorité qui pourrait contrer la volonté française.
La souveraineté ne se résume pas à avoir une voix dans une assemblée. Elle exige de conserver le dernier mot. Coopérer entre nations souveraines, c’est décider ensemble uniquement si chacun y consent. Le fédéralisme, lui, impose des décisions collectives même à ceux qui s’y opposent. Ce n’est pas la même chose, comme l'illustre l'accord UE-Mercosur imposé à la France malgré son veto.
L’atlantisme : une alliance ou une dépendance ?
Être allié des États-Unis ne remet pas en cause la souveraineté… tant que la France garde sa liberté de décision. Mais l’atlantisme, en tant que doctrine, va plus loin : il subordonne durablement la sécurité de l’Europe à la stratégie américaine et nous aligne sur les seuls intérêts de Washington.
Nos intérêts ne sont pas les leurs.
Une puissance qui dépend d’une autre pour sa défense, ses technologies ou son renseignement peut-elle vraiment décider seule de sa politique étrangère ? L’alliance devient alors une vassalisation.
La « souveraineté européenne » : un leurre
On nous parle de « souveraineté européenne », mais cette notion est trompeuse. Une souveraineté suppose un peuple unifié et un pouvoir politique capable de décider en son nom. Or, il n’existe ni nation européenne, ni démocratie commune permettant aux citoyens de s’identifier comme détenteurs d’une souveraineté unique.
L’Union européenne n’est pas un État souverain : elle dépend des États membres pour sa défense et est contrainte par ses propres règles. Additionner des souverainetés nationales retirées ne crée pas une souveraineté européenne. Coopérer pour renforcer une puissance commune est une chose ; prétendre qu’une souveraineté nouvelle émerge par décret en est une autre.
La vraie alternative est claire :
- Soit une Europe fédérale, avec la disparition des souverainetés nationales.
- Soit une Europe des nations, où la coopération accroît la puissance sans nier la liberté politique de chacun.
Nous choisissons la seconde voie. La France n’a pas besoin d’abandonner sa souveraineté pour que l’Europe soit forte, elle a besoin de la retrouver pour contribuer à une Europe puissante.
Souveraineté ne signifie pas Isolement
Défendre la souveraineté ne signifie pas quitter l’Europe, refuser toute alliance ou vivre en autarcie. La France a besoin de partenaires, de coopérations industrielles, scientifiques ou militaires. Mais coopérer n’est pas se soumettre. S’allier n’est pas s’aligner.
Nous voulons une Europe des nations souveraines, capable de mutualiser ce qui doit l’être sans devenir un État fédéral. Nous voulons des alliances qui renforcent la France, pas qui réduisent sa liberté.
Une question de cohérence
Les actes doivent suivre les discours. On ne peut pas se dire souverainiste tout en défendant le transfert croissant de nos pouvoirs à Bruxelles. On ne peut pas prôner la souveraineté tout en acceptant que notre défense ou notre diplomatie soient durablement inféodées à une autre puissance.
On peut défendre le fédéralisme ou l’atlantisme : ce sont des choix politiques légitimes. Mais il faut alors admettre qu’ils ne sont pas compatibles avec une souveraineté nationale pleine et entière.
La souveraineté ne se mesure pas au nombre de fois où l’on prononce le mot « France ». Elle se mesure à la liberté réelle que l’on entend laisser à la France de décider.
C’est pourquoi les candidats qui se revendiquent souverainistes tout en prônant fédéralisme et atlantisme ne sont pas crédibles. Ils nous font croire que nous pouvons être souverains tout en acceptant que d’autres détiennent, en dernier ressort, une partie de notre pouvoir.
Une Nation qui ne peut plus dire "non" n’est plus pleinement souveraine.
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